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Offshoring: Maroc Telecom et Wana à couteaux tirés.
télécommunications au Maroc Les clashs sont de plus en plus fréquents du fait de la concurrence commerciale qui sévit entre les opérateurs téléphoniques. Le dernier en date, le différent entre Maroc Telecom et Wana au sujet des tarifs d’interconnexion «adaptée à l’activité de l’offshoring» pour les entreprises installées sur les sites de Casanearshore. S’achemine-t-on vers un énorme gâchis du fait de ce différend? Des entreprises bénéficiaires des services de Otéo, filiale dédiée aux nouvelles zones d’activités offshoring de Casanearshore et plus tard de Rabat Technopolis, qui n’ont pas souhaité commenter cette situation n’en pensent pas moins. Au quel cas, c’est l’ambition même de positionner la destination Maroc parmi les pays de tout premier plan sur la carte mondiale de l’offshoring qui s’en retrouverait remise en question. Qu’à cela ne tienne.

Maroc Telecom a jugé exorbitant le prix de raccordement aux infrastructures installées par Otéo et la redevance à payer et a porté l’affaire devant l’Agence nationale de réglementations des télécommunications (ANRT). Pour l’opérateur historique, il ne s’agit ni plus ni moins que de pratique anti-concurrentielle. Dans son recours en cours d’instruction auprès du régulateur, déclaré donc recevable, l’opérateur dénonce par ailleurs avoir été écarté de l’équipement en infrastructures de télécoms de Casanearshore au prétexte qu’il n’est pas associé à un grand opérateur étranger. Un appel d’offres alors lançait par la filiale de CDG, MedZ, qui a abouti à l’adjudication par Wana avant de créer sa filiale dédiée, Otéo. Toutefois, en préalable à la libéralisation du secteur, l’Etat avait exigé que les opérateurs locaux soient adossés à des partenaires internationaux d’envergure. Ce qui est le cas aussi bien de Méditel avec Téléfonica et Portugal Telecom que de Maroc Telecom avec Vivendi.

Le différend qui oppose Maroc Telecom à Wana était inévitable. Au lendemain de l’adjudication du marché de l’offshoring par le second, le premier avait saisi l’autorité compétente pour «obtenir des explications sur les résultats de l’appel d’offres relatif à Casanearshore mais nous n’avons jamais obtenu de réponse, malgré nos relances», insiste-t-on chez Maroc Telecom.

Le différend persiste. Faut-il s’attendre à des sanctions de la part du régulateur? Peut-être pas, car il n’en a jamais administré. Quoiqu’il en soit, le cadre réglementaire prévoit que les clients, quelles que soient les zones d’activités où ils sont installés, ont le droit de s’adresser à l’opérateur de leur choix pour accéder aux technologies et aux offres tarifaires qui leur conviennent le mieux. Le Maroc ne déroge pas à cette règle universelle. Or, «dans le cas de Casanearshore, les entreprises installées n’ont pas le choix de leur opérateur», fait observer Maroc Telecom. A en croire une source proche de la direction générale, l’opérateur a été approché par plusieurs grands clients, tels que BNP Paribas, Tata Consulting, Cap Gémini, GFI, HPS ou encore la CNSS, qui lui ont confirmé être contraints de passer par Wana pour accéder aux services de télécommunications. Difficile de se faire une idée précise. «L’offre tarifaire des opérateurs sur ces questions sont confidentielles», nous confie une source proche du département de l’interconnexion chez l’ANRT, dirigé par Jamal Meziane.

Le dossier pour anti-concurrence est toujours en instruction sous la houlette de la direction de la concurrence et de suivi des opérateurs où l’on se refuse à tout commentaire. D’ailleurs, au moment où nous mettions sous presse, le staff de la direction de la concurrence et du suivi des opérateurs que dirige Ahmed Khaouja était en réunion pour un énième round avec les représentants de Maroc Telecom. Ce qui laisse croire que l’issue du recours de l’opérateur historique introduit auprès de l’ANRT en mai dernier est imminente.

Source: L'économiste
Le: 10/09/08
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