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52% des émigrés souhaitent passer leur vieux jours au Maroc
Retour des marocainsL’émigration marocaine a connu, notamment durant la dernière décennie, des mutations considérables : triplement en 10 ans, diversification des destinations, relèvement du niveau d’instruction, féminisation (1 émigré sur 2 est une femme)….

Dans un pays qui compte plus de trois millions de ses ressortissants vivant à l’extérieur, (chiffres d’ailleurs incertains), il y a d’évidence beaucoup de production de discours de tous genres sur les communautés émigrées. On donne toutefois rarement la parole aux concernés eux-mêmes. C’est pourquoi le Conseil de la communauté marocaine de l’étranger (CCME) vient de réaliser un premier sondage d’envergure en Europe où se concentrent 85% des Marocains(es) de l’extérieur toutes générations confondues. Ce sondage mérite attention parce qu’il présente des attributs de la crédibilité. Ainsi, l’échantillon est suffisamment large, atteignant 2.819 personnes. Il est réparti de manière à être aussi représentatif que possible des différentes catégories de Marocains vivant dans six pays d’Europe : France, Espagne, Italie, Belgique, Hollande, Allemagne. L’éventail des questions est assez diversifié pour couvrir les différentes perceptions et opinions des personnes sondées. Les entretiens ont été réalisés, entre le 16 mars et le 18 avril 2009, principalement par téléphone mais également en face-à-face selon les besoins de l’enquête. Les répondants avaient le choix entre la langue du pays de résidence ou l’arabe ou l’amazigh (tarifit, tachliht, tamazight). En amont,  de grands instituts de sondage ont été mis  en concurrence et c’est BVA qui a été finalement retenu.

Lors d’une conférence de presse tenue hier à Casablanca, Driss El Yazami, président du CCME et deux responsables de BVA, venus spécialement de Paris, ont présenté avec précision et  modestie mais non sans fierté les résultats de ce sondage. Ces résultats sont sans doute significatifs et instructifs, eu égard à la compréhension des perceptions subjectives des interviewés. Mais comme il a été souligné, ils doivent être lus et commentés en se restreignant à la prudence scientifique d’usage en matière d’enquête d’opinion. En effet, dans ce genre d’enquête, les données recueillies sont de nature déclarative et perceptive. Elles ne découlent ni d’une collecte de faits dûment vérifiés, ni d’une observation directe des comportements effectifs.

De la synthèse des résultats de ce sondage, il ressort à grands traits quelques grandes conclusions :
Les Marocains (es) d’Europe manifestent une tendance lourde à s’insérer durablement ou définitivement dans les pays de résidence. A titre d’indicateurs à cet égard : 4 sur 5 d’entre eux y sont déjà naturalisés ou en voie de l’être; presque 7 sur 10 ont choisi de répondre aux questions de ce sondage dans la langue du pays de résidence.

Ils témoignent, en second lieu, d’une forte volonté d’entretien de solides attaches sociales, culturelles et économiques avec le Maroc. Ainsi, 9 sur 10 d’entre eux regardent les chaînes de télévision nationales; presque tous déclarent visiter le Maroc plus ou moins fréquemment.
Les sondés cultivent une image globalement positive du Maroc. Lorsqu’on leur demande d’émettre des critiques ou des attentes envers leur pays d’origine, ils le font avec pondération et réalisme. Presque 8 sur 10 d’entre eux jugent que l’image du Maroc en Europe est assez bonne à très bonne. Les deux tiers d’entre eux ne font état d’aucune difficulté rencontrée lors de leurs séjours au Maroc.

Les Marocains d’Europe sont partagés presque à égalité sur la question de savoir s’ils sont bien acceptés sur ce continent. Ils éprouvent aussi des sentiments de discrimination, mais avec une fréquence très inégale selon les domaines de la vie sociale. Ainsi alors que 7 sur 10 d’entre eux déclarent rencontrer des difficultés particulières à trouver un emploi, moins de 2 sur 10 déclarent rencontrer de telles difficultés à se faire soigner correctement.
Pour mieux illustrer ces principales conclusions, voir une série complète d’indicateurs y afférents dans le tableau ci-dessous.

Outre ces données globales, les volumineux rapports détaillés du sondage fourmillent d’informations recoupées par pays de résidence, par génération, par genre, par catégorie socioprofessionnelle. Une exploitation fine permettra, d’une part, d’apporter immédiatement un éclairage sur des questions d’intérêt très spécifique et, d’autre part, de fonder des hypothèses pouvant guider de façon pertinente des recherches ultérieures plus poussées.

Source: Aujourd'hui.ma
Le: 21/07/09
 
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