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2009 risque d’être rude pour les hôteliers.
Hotel Marrakech Les professionnels redoutent les répercussions de la récession qui s’installe en France, principal pays émetteur pour le Maroc Le mot d’ordre est de ne pas céder à la panique L’insuffisance de la promotion à l’étranger pointée du doigt.

Les hôteliers sont inquiets. La crise qui a commencé à s’installer en France, principal marché du Maroc, et dans le monde, plus généralement, pourrait avoir des répercussions sur l’activité touristique. Mais ils veulent rester positifs, la consigne étant de parler le même langage et de ne pas céder à la panique. Cette décision a été prise à l’issue de contacts entre les présidents des conseils régionaux du tourisme (CRT) et le ministère de tutelle, en marge du salon du tourisme de Paris.

A Marrakech, première destination du Royaume, qui entame la nouvelle saison touristique dès le 1er novembre avec une capacité additionnelle de quelque 4 000 lits, l’optimisme n’est pas de mise. Les hôteliers réclament davantage de promotion dans les marchés émetteurs pour faire face à la situation. Or, la campagne de communication institutionnelle ne démarrera que vers la fin octobre, beaucoup trop tard pour booster la saison d’hiver. «Le Maroc, explique un hôtelier, est très paresseux quand il s’agit de faire de la promotion et il fait tout à la dernière minute.»

«Nous devons nous rappeler au bon souvenir des marchés émetteurs, surtout en ces temps de crise, car ceux qui ont encore les moyens de voyager n’ont que l’embarras du choix», renchérit un autre. Aujourd’hui, poursuit-il, dans les marchés émetteurs, «le budget des ménages est très serré et c’est le poste voyages qui est sacrifié en premier».

En gros, même si la profession ne veut plus se fâcher avec sa tutelle, elle reproche directement au ministère et à l’Office national marocain du tourisme (ONMT) leur manque d’agressivité. Les critiques ne sont pas seulement formulées par les hôteliers. Selon un voyagiste réceptif, «la baisse des nuitées à Agadir et Marrakech depuis le début de l’année est le signe que nous sommes déjà installés dans une crise que la mauvaise conjoncture mondiale ne fera qu’aggraver». Quant à la progression des arrivées, il la met sur le compte des déplacements des MRE et des étrangers propriétaires de résidences au Maroc, qui reviennent plus souvent que par le passé en raison de la baisse des prix des billets d’avion. «Ce sont, analyse-t-il, de faux touristes».

Le Maroc peut s’en sortir si l’on se mobilise pour sa promotion Jean Jacques Boucher, DG de Fram Maroc, est plus nuancé : «Pour l’heure, les réservations de Fram sur le Maroc se maintiennent au même niveau que l’année dernière, ce qui, affirme-t-il, est une victoire, car ce maintien fait suite à deux années de baisse consécutives pour la destination.» Cette petite satisfaction ne l’empêche pas d’être inquiet, même s’il considère qu’il est trop tôt pour parler de répercussions sur l’industrie du voyage de la récession qui s’installe dans l’Hexagone.

«Mais on ne peut nier que, pour les mois à venir, nous sommes un peu dans le brouillard. Si nous ne craignons pas les annulations, nous appréhendons un peu la poursuite des réservations au même rythme, en raison de l’érosion du pouvoir d’achat en France», confie-t-il.

Une note d’optimisme ressort néanmoins des propos de Kamal Bensouda, président de l’Observatoire du tourisme et DG d’Atlas Hospitality, qui avance des arguments selon lesquels le Maroc est en bonne position, à condition qu’il y ait une mobilisation pour promouvoir le pays. «Une bonne partie des touristes qui visitent le Maroc est constituée de seniors et cette catégorie continuera de voyager», estime-t-il. D’autre part, ajoute-t-il, «on assiste à un recul des voyages longs courriers au profit des moyens courriers, et le Maroc est bien placé sur ce dernier créneau.».

Source: La vie éco
Par: Mohamed Moujahid
Le: 16/10/08
 
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