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Les femmes émigrées sont dans une position de plus grande faiblesse pour s'en sortir.
Femmes MREFace à la crise mondiale qui a aggravé leur vulnérabilité dans les pays d'accueil de l'émigration, les femmes se trouvent désormais dans une position de plus grande faiblesse que les hommes pour s'en sortir, a estimé, jeudi à Fès, l'universitaire Fatima Sadiqi.

Après la perte de leur emploi sous l'effet de la crise, et avec peu de ressources et des allocations moindres et sans protection sociale, elles seront amenées plus que les hommes à s'adonner à des activités illégales pour surmonter la crise (trafic de tout genre, débauche, etc.), a-t-elle dit dans une intervention inaugurale d'une conférence internationale sur le thème "femmes, cultures et développement : perspectives méridionales ".

Oui, les hommes ne sont plus les seuls acteurs actifs de la migration liée au travail dans les pays du nord, et les femmes les accompagnatrices passives. Celles-ci sont en effet de plus en plus nombreuses à quitter, sur leur propre décision, leurs pays respectifs pour aller travailler ailleurs comme domestiques, infirmières ou employés du secteur des services, a-t-elle dit. Elles représentent, selon elle, plus de 40 pc du nombre total des émigrés dans le monde.

Cette féminisation de l'émigration est accompagnée aussi par une fuite des femmes cadres des pays du sud vers le nord, a-t-elle noté, rappelant que depuis l'apparition de l'actuelle crise mondiale, le volume des transferts des fonds des émigrés et en particulier des femmes ne cesse de reculer.

Bien qu'il est difficile de préciser la durée de cette crise et encore moins d'avancer des données chiffrées de son impact sur toutes les franges de la société, il est permis de soutenir que ce sont les couches les plus vulnérables dans les pays du sud dont font partie les femmes qui seront les plus touchées, a-t-elle poursuivi. C'est le cas des femmes rurales, qui sont plus exposées que les hommes aux effets néfastes des changements climatiques (sécheresses, inondations) sur le secteur agricole, a-t-elle avancé.

Elle a, toutefois, soutenu que l'actuelle crise mondiale constitue peut être une opportunité à saisir pour intensifier le dialogue entre les pays du sud et du nord pour la recherche de solutions à tous les problèmes liés à cette situation. Ces moments de crise seraient également une chance à saisir au niveau national pour promouvoir plus de solidarité entre toutes les composantes de la société, a-t-elle souligné.

Des chercheurs, des décideurs politiques et des journalistes venus d'Amérique latine, d'Europe, des Etats-Unis et d'Afrique du nord participent à cette conférence organisée par l'université Sidi Mohammed Ben Abdellah, la faculté des lettres de Dhar Mahraz, la Fondation Esprit de Fès et l'association Fès-Saïss, en collaboration avec le Centre d'études et de recherches sur la femme et le Centre ISIS pour femmes et développement.

Sont programmées au cours de cette rencontre sept séances portant sur les thèmes de "pratiques féministes transnationales", "éco féminisme et développement", "femmes et mouvements culturels", "intégration de la femme au développement", "femmes et développement dans les discours religieux et politique", "jeunes femmes adultes" et "femmes et émancipation et développement humain"

Source: MAP
Le: 10/07/09
 
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