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La condamnation du journal Almassae à verser 600 millions de centimes de dommages et intérêts.

Journal Almassae La presse marocaine s'est inquiétée jeudi de la condamnation du journal Al Massae, le plus fort tirage du Maroc, à des amendes atteignant 556.000 euros pour diffamation et a appelé la justice à rendre des verdicts "équitables".

"C'est notre droit de dire, au moins une fois, que nous avons peur et du présent et de l'avenir", écrit le journal Assbahia, qui s'étonne de la condamnation d'Al Massae à verser "600 millions de centimes, dans le langage du peuple".

Le directeur d'Al Massae, Rachid Ninni, a été condamné mardi en première instance à verser six millions de dirhams (545.000 euros) de dommages et intérêts à quatre procureurs qui l'ont poursuivi en diffamation et à verser à la Trésorerie générale une pénalité de 120.000 dirhams (11.000 euros) environ.

Al Massae, qui affirme leur avoir présenté ses excuses, avait notamment laissé entendre qu'un de ces magistrats était un pervers sexuel.

"Le jugement entend mettre en faillite l'entreprise (...) et jeter ses salariés dans la rue", écrit Khalil Hachimi Idrissi, directeur d'Aujourd'hui Le Maroc et président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux.

"Avec Al Massae et contre la +peine capitale+", titre le journal socialiste Al Ittihad Al Ichtiraki, qui exprime sa solidarité en dépit de ses "nombreuses divergences" avec le journal condamné.

"Toute personne qui se sent lésée a le droit de porter plainte, mais nous appelons les juges marocains à rendre des jugements sérieux et équitables", avait déclaré mardi à l'AFP le président du Syndicat des journalistes marocains Younès Moujahid.

Le journal islamiste Attajdid dénonce "des règlements de comptes avec toute la presse" et juge l'amende excessive "quelle que soit l'erreur commise".

"Condamner le plus fort tirage au Maroc, qui n'a qu'un an d'existence, à six millions de dirhams est un message clair à toute la presse indépendante", affirme la rédaction d'Al Massae dans un communiqué.

"La presse réprimée", titre Libération. "L'heure est plus que jamais à la solidarité, car il y va de l'indépendance des journalistes et de l'avenir d'une profession qui peine encore à trouver ses marques".

L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans Frontières (RSF) s'est déclarée "consternée et scandalisée par le montant exorbitant de l'amende record infligée à Rachid Ninni", dans un communiqué parvenu à l'AFP.

Elle a demandé aux magistrats marocains de "rendre des décisions proportionnées aux préjudices subis et veiller à ne pas mettre en danger la liberté de la presse".


Source: AFP
le : 28/03/08

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