Actualités
Addoha, L'alchimiste qui transforme les pierres en or.
Addoha groupe immobilier Valeur la plus échangée à la Bourse de Casablanca, Addoha est accusé de bénéficier des faveurs dans l’acquisition du foncier. Des chiffres circulent.

Même le meilleur alchimiste du monde ne peut transformer la pierre en or sans attirer l’attention. Deux ans après son introduction époustouflante en bourse, le groupe Addoha du self made man Anas Sefrioui n’arrive toujours pas à se défaire de certaines polémiques. Après avoir bravé les interrogations de ceux qui s’étonnaient des brusques remontées du cours qui a battu tous les records d’ascension de mémoire de trader à la BVC entre juillet 2006 et courant 2008, passant de 585 dirhams à plus de 3000 dirhams avant d’opérer un split, afin de ne pas se déconnecter avec le pouvoir d’achat moyen, le management du groupe est reparti au charbon pour, cette fois-ci, faire face à ceux qui l’accusent d’avoir bénéficié de terrains étatiques sans appel d’offres. L’affaire est suffisamment sérieuse pour que le groupe s’offre une longue tribune dans les colonnes d’un quotidien de la place.

Pas concernés !
Que reproche-t-on donc à cet opérateur leader du secteur immobilier qui, comme le dit bien son président, n’est pas le seul à bénéficier des conventions d’investissements avec l’Etat ? D’avoir obtenu des économies de 20 milliards de dirhams dans l’acquisition du foncier. Celui qui a émis ces accusations, le promoteur immobilier Miloud Chaabi, PDG de Ynna Holding, a démissionné lundi 7 juillet 2008 de la présidence de la FNPI (Fédération nationale des promoteurs immobiliers) après avoir déclaré que ses propos n’engagent que sa propre personne. Du côté d’Addoha, le sujet agace sérieusement, même si l’on tente de jouer le détachement : « Nous ne sommes pas du tout concernés », lance une voix non autorisée qui conteste le chiffre de 20 milliards avec beaucoup d’arguments. Estimer que la valeur brute du terrain du zoo de Rabat est de 20 000 dirhams le mètre carré est une aberration, clame cette source qui rappelle qu’entre la phase d’acquisition et celle de la viabilisation (espaces verts, aménagements) d’un terrain immobilier, l’on perd 40 à 50% de la superficie. « Nous vendons des parcelles de 600 mètres actuellement entre 7000 et 8000 dirhams le mètre carré », poursuit notre source qui s’exprime sous le couvert de l’anonymat en raison de la sensibilité du dossier. De plus, fait-il remarquer, en reprenant les propos de son PDG, « l’Etat a mis en place une politique volontariste en signant des conventions d’investissements avec les investisseurs. Il n’y a pas un mois sans que la commission d’investissements ne se réunisse. Addoha n’est pas le seul à en bénéficier ».

Fort potentiel !
Des explications qui sont encore loin de faire le consensus auprès de quelques lobbys du secteur tentés d’user de leur influence pour déclencher une enquête parlementaire. L’exercice est théoriquement sans périls compte tenu des assurances d’Addoha d’être parfaitement en règle avec la loi et de disposer de conventions dûment signées par plusieurs ministres.

En attendant, le groupe fait état d’une santé de fer malgré un rythme de livraisons de logements en légère baisse, soit 19 000 sur 2008 au lieu des 23 000 en 2007. Il est certain que la hausse de 98% enregistrée par le chiffre d’affaires (3 milliards de dirhams) d’Addoha en 2007 ne sera pas rééditée cette année. Ce bond spectaculaire s’explique par l’élargissement du périmètre d’activité du groupe qui a conclu plusieurs partenariats stratégiques avec des entreprises au portefeuille bien étoffé comme Fadesa Maroc. Pour 2008, l’entreprise expérimentera sa première sortie régionale en Algérie. Quant au partenariat signé avec le groupe Caisse d’Epargne, pour accéder à la clientèle de 27 000 MRE, elle ne serait, selon les observateurs, qu’un tremplin pour un futur partenariat, voire plus si affinités, avec le CIH (Crédit immobilier et hôtelier). Recapitalisée, cette banque, devenue filiale du groupe français et de la CDG, constituerait une belle mariée en formant avec Addoha un cas d’alliance unique à fort potentiel entre une banque et une entreprise de promotion immobilière.

Source: Les Afriques
Le: 27/08/08
Topbladi.com®2015
Contactez-nous pour des infos, publicité, demandes, un problème sur le site, partenariats....