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Les dentistes illégaux au Maroc sont au nombre de 40.000
Le dentisteMaroc Hebdo: Quelle est l’ampleur du phénomène de l’exercice illégal de la médecine dentaire au Maroc? Avez-vous des chiffres concernant cette pratique?
Jalil Berrada: C'est un phénomène social pouvant figurer parmi les stigmates de l'ère du colonialisme où coexistaient des docteurs en chirurgie dentaire destinés aux Français et aux notables du Maroc et des barbiers “dentistes” au service des indigènes.
Selon les dernières estimations dignes de foi, les illégaux déguisés en “mécaniciens dentistes”, “charlatans” ou “clandestins”... sont au nombre de 40.000 environ, 10 fois plus nombreux que les médecins dentistes autorisés à exercer un si noble métier.

Quelles en sont les principales causes et quelles conséquences engendrent-elles?
Jalil Berrada: Le faible pouvoir d'achat, l'éloignement géographique des prestataires de soins dentaires et l'ignorance d'une large frange de la population représentent les causes majeures qui pérennisent et nourrissent le nid de ce fléau social. Et comme toute nécessité fait loi, ces illégaux continueront hélas à sévir pendant longtemps! Les conséquences de leur trafic au vu et au su de tout le monde à l'abri de tout contrôle sanitaire ont des effets de nuisance certains sur la santé de nos concitoyens. Leur pronostic vital se trouve régulièrement engagé à cause de la large dissémination microbienne provoquée par ces derniers.

Que dit la loi concernant l’exercice illégal de la médecine dentaire au Maroc?
Jalil Berrada: La loi de 1960 régissant la profession des chirurgiens dentistes considère, sans ambiguïté, nos “charlatans” contemporains comme des illégaux. Ils encourent des sanctions financières et d'emprisonnement qui redoublent d'intensité en cas de récidive.

Mais qui est habilité à exercer la médecine dentaire en toute légalité?
Jalil Berrada: Les lois relatives à l'exercice de la médecine dentaire au Maroc sont dramatiquement rarissimes. On en distingue une principale qui englobe d'autres professions de santé et qui date du 19 février 1960. Selon cette loi, de 54 ans d'âge, pour exercer la chirurgie dentaire au Maroc, un diplôme national (ou équivalent) de doctorat en chirurgie dentaire est obligatoire avant de solliciter une autorisation d'exercice auprès du Secrétariat Général du Gouvernement après avis favorable des ministères de la Santé et de l'Intérieur.
Je vous laisse deviner le parcours du combattant pour de telles procédures.
Les instances ordinales créées en 1977 et relookées en 2008 viennent en aide pour ces agréments d'exercice et ont comme mission majeure de mettre l'expertise des professionnels au service d'un secteur aussi sensible et gangrené à cause du mépris qu'il subit et dont la responsabilité nous incombe à tous.

Concrètement, quelles sont vos propositions?
Jalil Berrada: Il faut arrêter de se voiler la face et considérer l'exercice illégal de la médecine dentaire comme un problème social d'envergure, de santé publique et qui ne prendra fin que si toutes les composantes de la société marocaine s'unissent, opèrent en toute synergie et mettent au cœur de leur réflexion l'intérêt de nos concitoyens.
Pour pallier la mauvaise répartition géographique des prestations de soins dentaires dans notre pays, on pourra mettre en place un système de zoning au sein d'une carte sanitaire qui ne doit souffrir d'aucun biais. Le traitement du faible pouvoir d'achat est complexe. En dépit de l'INDH et du RAMED, nous devons élargir le panier de soins auprès des organismes de remboursement et faire preuve de dévouement à l'égard d'une population démunie par la mise en place d'Unités Sociales de Soins Dentaires fixes ou mobiles (USSD) et ce dans le cadre d'un partenariat Public/Privé.

Qu’en est-il des illégaux?
Jalil Berrada: Les “illégaux” reformatés pourraient en faire partie en tant qu'auxiliaires et les actes dentaires feront l'objet d'honoraires symboliques réglés via le RAMED ou les patients habituels des charlatans. Les illégaux seront attaqués ainsi sur leur propre terrain. Les bonnes volontés qui agissent actuellement dans le social (AMPBD, Enfance et Sourires...) redoubleront d'effort pour venir en aide à une population largement demandeuse. Le manque de sensibilisation de la population pourra s'inverser, grâce à une reconnaissance visuelle, via des enseignes “up to date” unifiées, des médecins dentistes inscrits au tableau de l'Ordre. Il est possible de communiquer sur cette distinction en rassurant et en sensibilisant nos concitoyens sur la sécurité biologique et la rigueur des conditions d'asepsie au sein des cabinets autorisés.
Cette loi devrait enfin permettre l'éclosion d'un secteur médico-dentaire puissant pouvant contribuer à l'amélioration de la balance des paiements du pays, ce qui passe par l'encadrement du regroupement professionnel permettant de créer des structures à même de rivaliser avec les meilleures mondiales du domaine.

L'image du dentiste est écornée aux yeux de la population. Que suggérez-vous pour y remédier?
Jalil Berrada: Nous devons instaurer une formation continue obligatoire de qualité.
La profession souffre d'une grande carence en la matière. Les associations savantes trouveront ainsi plus de moyens pour réunir les professionnels dans un cadre d'apprentissage des évolutions incessantes de l'art dentaire. Nous avons pris connaissance de l'avertissement de certaines chancelleries occidentales diffusant des notes recommandant à leurs ressortissants d'éviter à tout prix de fréquenter les cabinets dentaires marocains. Pourtant, l'expertise des praticiens marocains est reconnue mondialement mais souffre de l'amalgame causé par les illégaux.
Pour rehausser l'image du dentiste marocain, il serait judicieux d'envisager d'autres opportunités qui tout en soignant son image lui permettront d'élargir à l'infini son champ d'action et ce, grâce au tourisme médical. Cette niche, en vogue dans plusieurs pays européens et asiatiques dans un monde globalisé, mérite toute notre attention dans un pays stable politiquement et économiquement.
Certains pays comme la Hongrie ont fait du tourisme médical un axe stratégique pour leur développement. Des villes dédiées avec des centaines de cabinets ont été formatées pour ce genre d'activité à forte valeur ajoutée;

Source: Maroc Hebdo par kenza alaoui
Le: 26/07/2014

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