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Plus de 11 millions de personnes en âge de travailler sont sans emploi au Maroc
population activeAu-delà des indicateurs «classiques» sur lesquels les médias se focalisent, en particulier le taux de chômage, l’enquête sur le marché du travail pour le deuxième trimestre de l’année en cours, publiée la première semaine du mois d’août par le Haut commissariat au plan (HCP) contient des éléments conjoncturels… nouveaux qui méritent d’être signalés (voir également encadré). Au premier rang de ces évolutions conjoncturelles, on peut noter l’accroissement considérable de la population active : +2,1%, à 11,9 millions de personnes. Ceci a permis de stopper (momentanément ?) la baisse continue du taux d’activité, revenu à 49,2% au lieu de 49% au deuxième trimestre 2012 (voir graphe). Mais rien n’indique pour autant qu’il s’agit là d’un revirement de tendance, laquelle, rappelons-le, est baissière depuis pratiquement une dizaine d’années. Peut-être faudrait-il voir dans cette importante hausse de la population active un brusque retour sur le marché du travail des personnes jusque-là découragées par la recherche infructueuse d’un emploi, ainsi que, phénomène saisonnier, l’arrivée de fournées de diplômés sur le marché du travail. Cela explique l’augmentation du taux de chômage, qui passe à 8,8% contre 8,1% le trimestre correspondant de 2012, sachant que la population active comprend à la fois les actifs occupés et les chômeurs. Mais, d’un autre côté, c’est cet accroissement…exceptionnel de la population active (donc le dénominateur) qui a fait que le taux de chômage est resté malgré tout inférieur à 9%, taux annuel moyen enregistré depuis 2009.

Même faible, le taux de participation des femmes au Maroc est parmi les plus élevés du monde arabe

Nonobstant cette évolution conjoncturelle, l’observation des données sur une longue période laisse voir néanmoins une dégradation continue du taux d’activité. En 1999, par exemple, le taux d’activité, déjà relativement faible, se situait tout de même à 54,5% de la population en âge de travailler (entre 15 et 64 ans, selon la norme du Bureau international du travail, retenue par le HCP). En 2012, ce taux s’établissait à 48,4%, soit une baisse de 6,1 point ! La Vie éco a déjà eu l’occasion d’évoquer les causes -du moins certaines d’entre elles- de la baisse du taux d’activité ; revenons y un instant. Première cause bien identifiée, et qui est commune à tous les pays arabes, la faible participation des femmes : 24,7% de la population féminine âgée de 15 à 64 ans, selon les derniers chiffres (2012) arrêtés sur ce sujet par le HCP. En 2000, ce taux était de 28,1% (-3,4 points). Précisons ici que 28,1% représentait malgré tout un taux relativement élevé, comparé aux autres pays arables où il se situait et se situe toujours entre 15% et 16% (à l’exception du Qatar, du Koweït et des Emirats Arabes Unis où le taux tourne autour de 50% en raison de la présence de populations étrangères féminines nombreuses). Dans les pays de l’Union européenne, le taux d’activité des femmes est en moyenne de 66%. En Afrique subsaharienne, ce taux est encore plus élevé, il dépasse dans certains pays les 80% (Malawi, Rwanda, Ethiopie…). Ceci tient évidemment à des raisons socioculturelles en vertu desquelles la place de la femme, dans les sociétés arabes et musulmanes, n’est pas à l’usine mais au foyer. Ce qui n’est pas le cas en Afrique noire, ni en Amérique latine. Cela dit, les carcans de la tradition se fissurent progressivement mais pas complètement.
L’autre facteur qui limite la participation des femmes marocaines à l’activité économique, c’est l’amélioration de la scolarisation. Par le passé, les petites filles à peine plus hautes que trois pommes, commençaient à exercer le métier de «bonnes» ou bien étaient recrutées dans des ateliers de confection. Aujourd’hui, beaucoup d’entre elles fréquentent les bancs de l’école.

Le taux d’activité des 15-24 ans a baissé de 15 points depuis 1999

Plus globalement, la percée de l’éducation, son fort taux de pénétration en milieu rural en particulier, ainsi que l’allongement de la durée des études engendrent naturellement une entrée tardive sur le marché du travail. En 1999, par exemple, le taux d’activité des 15-24 ans, filles et garçons confondus, était de 48,2%. A fin 2012, ce taux tombe à 33,5%. C’est spectaculaire comme évolution : presque 15 points de baisse. Même si cette baisse n’est pas à attribuer à l’école (le phénomène du découragement et de la non-déclaration de sa situation professionnelle doivent y être pour quelque chose également), il est certain que l’éducation a eu un fort impact sur l’évolution du taux d’activité.

Mais quoi qu’il en soit, en raison du fait que le Maroc n’a pas achevé sa transition démographique (au terme de laquelle la population des 64 ans et plus devient nombreuse et celle de moins de 15 ans très réduite, résultat de la baisse des taux de natalité et de mortalité), il devrait avoir un taux d’activité plus élevé. En Europe où, grâce aux progrès de la médecine et du bien-être, les taux de mortalité et de natalité ont énormément baissé, les taux d’activité restent malgré tout élevés : 70% en France, 77,2% en Allemagne (pays pourtant vieillissant), 73,6% en Espagne, 79,3 au Danemark, 80,2 en Suède, etc. Cela montre bien que la donne démographique n’est pas vraiment déterminante dans l’évolution du taux d’activité, pour l’instant du moins. Ce qui l’est, en revanche, c’est surtout le dynamisme économique de ces pays, dans un contexte de participation presque paritaire des hommes et des femmes à l’activité. Outre les raisons liées aux traditions, déjà évoquées, on peut se demander si l’ensemble de la population en âge de travailler mais restée inactive (une douzaine de millions de personnes) a délibérément choisi ce statut ou le subit. Même si une réponse à cette interrogation nécessite sans doute des études bien menées, on peut parier qu’à l’exclusion des étudiants, des personnes en incapacité physique de travailler et éventuellement des rentiers, une bonne partie de ces inactifs n’a pas d’autres choix que de rester inactive. Ce qui veut dire que l’économie n’a pas atteint un seuil de développement qui lui permet de diversifier les offres d’emplois de telle sorte à intéresser toutes les catégories de demandeurs. Peut-être faudrait-il ajouter un autre élément, celui lié à la faiblesse d’initiatives individuelles pour monter son propre projet, créer sa propre entreprise. Mais cela est évidemment lié à l’environnement global…

Source: La vie eco
Le: 02/09/2013

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