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133 entreprises fermées au Maroc depuis 2011
entreprises ferméesLa crise économique, qui a pleinement touché le Maroc à partir de 2009, continue de produire des effets négatifs sur l’emploi, mais avec une intensité moindre que ce qui a pu être observé au début. C’est du moins ce qui ressort de certains indicateurs comme les fermetures d’entreprises, les compressions d’effectifs ou encore les réductions du temps de travail. Ces indicateurs, fournis par le ministère de l’emploi et de la formation professionnelle, se sont tous, en effet, inscrits en baisse, en termes relatifs. Ainsi, sur les neuf premiers mois de 2012, selon les derniers chiffres disponibles pour le moment, le nombre de fermetures d’entreprises a baissé de 42%, à 43 fermetures par rapport aux neuf premiers mois de 2011, et celui des compressions d’effectifs de 65,2%, à 24 opérations de compressions. Seules les réductions du temps (normal) de travail ont légèrement augmenté (+7,7%, à 56 opérations de réduction du temps de travail). Les 43 fermetures d’entreprises se sont traduites par le licenciement de 1 742 travailleurs, un nombre en baisse de 50% par rapport au nombre de salariés licenciés à la même période de 2011. Quant aux compressions d’effectifs, elles ont abouti au licenciement de 738 travailleurs, un chiffre en baisse de 31,1% par rapport à septembre 2011. Au total, ce sont donc 2 480 salariés qui ont été licenciés soit pour fermetures d’entreprises, soit pour compressions d’effectifs (-45,4%). Les réductions du temps de travail, elles, ont concerné 3 512 travailleurs, soit 20% de plus qu’en septembre 2011.

En gros, les fermetures d’entreprises comme les compressions d’effectifs ont touché surtout de petites structures (moins de 50 personnes) appartenant au secteur industriel (l’industrie du textile et cuir en particulier). Ceci est d’ailleurs corroboré par la répartition géographique des travailleurs licenciés qui montre une forte concentration des licenciements dans quatre régions : le Grand Casablanca, Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, Meknès-Tafilalet et Doukkala-Abda.

Aucun filet social pour les licenciés

En 2011, pour mémoire, le nombre de fermetures définitives et provisoires d’établissements s’élevait à 90, dont plus de 75% étaient de petites entités. Cette même année, 77 opérations de compressions d’effectifs avaient été recensées dont 73,7% concernaient une fois de plus de petits établissements. Et ces fermetures et compressions avaient donné lieu au licenciement de 5 752 salariés. Ainsi, sur vingt mois, 133 entreprises ont été fermées, 101 opérations de compressions d’effectifs ont eu lieu, et 8 232 travailleurs ont été licenciés.

Ces chiffres, qui pourraient être revus à la hausse une fois l’ensemble des données pour l’année 2012 collectées, prévient le ministère de l’emploi, peuvent sembler moins “cruels” que ce qui se passe en Europe, par exemple, où les médias annoncent régulièrement des charrettes entières de travailleurs congédiés. Mais si la douleur de perdre un emploi n’a pas de nationalité ni de religion, il faut bien noter tout de même qu’au Maroc les filets sociaux et les systèmes d’indemnisation qui, ailleurs, notamment en France, permettent d’affronter les difficultés au moins temporairement, n’existent pas vraiment. Rappelons d’ailleurs, à ce propos, que le projet de créer une indemnité pour perte d’emploi (la fameuse IPE) peine à voir le jour pratiquement dix ans après que l’idée eut germé dans l’esprit de ses initiateurs. Pourtant, il ne s’agit même pas d’une assurance chômage, mais tout juste d’une maigre indemnité à servir pendant un court laps de temps (6 mois). Ceci pour replacer les chiffres sur les fermetures d’entreprises et les compressions d’effectifs dans leur contexte.

Cela dit, que signifie ce reflux, observé depuis 2009, à la fois dans les fermetures d’entreprises et les compressions d’effectifs ? Difficile d’y répondre en l’absence de chiffres sur les créations effectives d’entreprises (et non pas seulement les intentions de création) qui permettraient de solder la question en quelque sorte. Idem pour les compressions et les réductions du temps de travail. Pour dire les choses autrement, ces fermetures d’entreprises, ces compressions, faut-il les additionner à celles qui ont été enregistrées en 2011, 2010, 2009, etc. ou bien les lire pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire indépendamment de ce qui a pu se produire les années précédentes ? Il semble bien qu’il faille les cumuler, même si, dans le même temps, l’économie parvient à créer chaque année un nombre d’emplois supérieur aux emplois disparus. A cette précision près que les emplois créés sont souvent le fait du BTP, des services et de l’agriculture, soit des emplois de faible qualité, des emplois précaires en somme. C’est d’ailleurs tout le problème de l’emploi au Maroc, comme cela a été souligné ici même, à plusieurs reprises. Par contre, les fermetures d’entreprises et les compressions d’effectifs recensées par le ministère de l’emploi le sont surtout dans le secteur industriel.

28% des chômeurs le sont pour avoir perdu leur boulot

Et l’industrie, on le sait, crée très peu d’emplois. Au troisième trimestre de 2012, l’industrie a créé, en glissement annuel, 7 000 postes mais elle en a perdu dans le même temps 48 000. D’où un solde négatif de 41 000 postes de travail (voir encadré).

A cette observation, il y a lieu d’ajouter une autre : il y a des créations d’emplois certes, quelle que soit leur qualité, mais il y a aussi, dans le même temps, de nouveaux arrivants sur le marché du travail. Autrement dit, les créations d’emplois ne servent pas qu’à occuper ceux qui ont perdu leur poste mais aussi ceux qui entrent pour la première fois sur le marché du travail. Sans parler du fait que les emplois créés ne sont pas tous identiques à ceux qui ont été perdus. Bref, la démographie des entreprises est certes un phénomène bien connu, il n’empêche que cela pose un vrai problème, notamment dans les économies comme celles du Maroc.

En tout cas, le chômage, lui, après avoir légèrement reflué au deuxième trimestre 2012 pour se situer à…8,1% de la population active (comme c’est toujours le cas en cette période de l’année qui correspond à celle des récoltes et des travaux des champs), est reparti à la hausse au troisième trimestre pour atteindre 9,4%, un niveau supérieur de 0,3 point à celui observé à la même période de 2011. Cela veut dire que même après élimination de l’effet saisonnier, il y a bien une remontée du chômage. Et le phénomène s’est surtout exacerbé en milieu urbain où il a atteint 14%, un palier qui n’a pas été franchi, pour cette période de l’année, depuis 2009. Sur les 50 000 nouveaux chômeurs recensés au cours du troisième trimestre, 45 000 sont issus du milieu urbain. Sur cette population supplémentaire de chômeurs, il y en a bien sûr qui sont des primo-demandeurs d’emplois, c’est-à-dire qui arrivent pour la première fois sur le marché du travail, mais il y en a aussi ceux qui ont “étrenné” ce statut de chômeur suite à l’arrêt de l’activité de leur établissement et/ou au licenciement dont ils ont fait l’objet. 28% de la population en chômage, soit 308 000 personnes, sont dans ce cas ; c’est-à-dire chômeurs pour avoir perdu leur boulot.

Source: La vie économique par Salah Agueniou
Le: 06/02/2013

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