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Surenchérissement des tarifs chez les médecins du privé au Maroc
santé au marocOseriez-vous négocier le tarif de votre consultation chez un médecin? Rares sont ceux qui se risquent à ce genre d’exercice. Pourtant, il s’agit bien d’un droit assuré par le code de déontologie médicale. Celui-ci insiste dans son article 5 sur «l'entente directe entre le malade et le médecin en matière d'honoraires». Cette disposition est aujourd’hui plus que d’actualité, au moment où certains médecins surenchérissent, sans raison apparente, en matière de tarifs.

«Le médecin est libre de fixer ses tarifs, aucune loi ne l’oblige à une quelconque tarification, le prix dépendra de la durée de la consultation, de la nature de la maladie et de sa gravité», insiste Mohamed Naciri Bennani, président du Syndicat National des Médecins du Secteur Libéral (SNMSL). Certaines spécialités comme la psychologie, la cardiologie ou la dermatologie… sont d’ailleurs connues pour pratiquer des tarifs assez exagérés. La compétence du médecin et sa réputation servent souvent à justifier des prix plus importants. Eléments auxquels il faut ajouter l’utilisation de matériel d’échographie ou autres radios et prestations annexes. En moyenne, le prix d’une consultation se situe à 150 DH pour les généralistes et 300 DH pour les spécialistes, mais ces tarifs ne sont pas fixes et sont souvent revus à la hausse. Pour les médecins du secteur libéral, il n’y a rien d’excessif dans ces tarifs. Les prix se situeraient même en dessous de leur coût réel à l’hôpital public. «Une césarienne qui coûterait 10.000 DH dans une clinique privée, affiche un coût réel de près de 30.000 DH dans les hôpitaux publics et une consultation facturée à 100 DH par le privé coûte réellement à l’hôpital public 143 DH», prétend Bennani. Les médecins invoquent donc la loi de la concurrence et affirment que le patient pourra toujours choisir le médecin qui pratique le prix le plus «compétitif». Fait étonnant, ce sont ces mêmes médecins qui continuent aujourd’hui à bloquer le projet de libéralisation du capital des cliniques privées, arguant qu’il ne faut pas «marchander la santé du citoyen» (voir L’Economiste N° 3863 du 10-09-2012).

Pour une consultation, le remboursement AMO ne dépassera
en aucun cas 80 DH pour un généraliste et 150 DH pour
un spécialiste. L’écart est donc important avec les prix
adoptés par la plupart des médecins du privé.

La situation aurait été un peu moins critique si le régime de couverture médicale mettait tout le monde sur le même pied d’égalité. Les patients couverts par une assurance privée n’éprouvent généralement pas de difficulté à se faire rembourser sur la base du prix pratiqué par le médecin. «Les assureurs privés remboursent sur la base des dépenses réellement engagées, ce qui évite tout désagrément en ce sens», explique Bachir Baddou, directeur général de la Fédération Marocaine des Sociétés d'Assurances et de Réassurance (FMSAR). Les compagnies sont souvent liées aux entreprises par des contrats négociés au cas par cas. Ces derniers fixent souvent un plafond de remboursement par maladie et par personne et excluent d’office certaines pathologies de la couverture médicale. Aujourd’hui, ce sont près de 1,5 million de personnes couvertes par les «mutuelles» privées. Reste donc l’AMO, qui regroupe pas moins de 11 millions de personnes et qui présente en fait la part la plus importante de la population couverte par l’assurance maladie (34% de la population globale), et par conséquent, la clientèle privilégiée des médecins. Pour les assurés à l’AMO, quel que soit le prix pratiqué par le médecin, ils ne sont remboursés que sur la base de la nomenclature fixée par le régime. Pour une consultation, le remboursement ne dépassera en aucun cas 80 DH pour un généraliste et 150 DH pour un spécialiste. L’écart est donc important avec les prix adoptés par la plupart des médecins du privé. Cette situation prévaut depuis 2006, date de l’entrée en vigueur de la convention de l’Anam. Celle-ci est renouvelable tous les 3 ans. Les dernières négociations n’ont pas abouti à un accord sur la révision des tarifs de certaines prestations considérées par les médecins comme « sous-tarifées ». Parmi elles, les consultations médicales (généralistes, spécialistes), la cholécystectomie (acte chirurgical consistant à enlever la vésicule biliaire) et quelques actes d’échographie. Ces axes font encore aujourd’hui l’objet de discussions «les parties concernées n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord, nous devrions toutefois dépasser ce problème d’ici la fin de l’année et nous opérerons dès lors une revalorisation de ces prestations», explique Chakib Tazi, directeur général de l'Anam.

Source: L'économiste par Ayoub NAÏM
Le: 26/09/2012

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