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Le sauvetage de Comarit, une affaire d’Etat
comaritFin juin 2012, une enveloppe blanche a été déposée sur le pas de porte du domicile de la famille Ibrahimi à Casablanca. L’information confirmée par des sources proches du dossier (dont l’avocat de la défense) accentue encore plus l’intrigue sur un dossier actuellement chez le juge d’instruction de la Cour d’appel de Salé. La lettre anonyme a été déposée deux semaines après l’arrestation de Taoufik Ibrahimi et de 6 autres personnes. Que dit-elle?
Elle accuse expressément l’ex-patron de la Compagnie marocaine de navigation (Comanav) et ex-président du directoire de Tanger Med d’avoir «manœuvré pour alimenter les foyers de tension dans ce secteur…». Il n’est pas le seul à être cité (voir encadré). Le Corbeau dresse plus ou moins l’historique d’une affaire où un haut commis de l’Etat et six autres personnes font l’objet d’une enquête judiciaire. Il évoque de supposées manigances en vue de maintenir le statu-quo via le blocage des ferries Biladi, Marrakech et Bni Ansar au port de Sète. Appartenant à Comarit, les créanciers de cette compagnie propriété de la famille Abdelmoula, ont initié une action en justice devant les juridictions françaises qui a abouti à la saisie des bateaux en janvier 2012.
La lettre revient aussi sur des prétendus tracas qu’ont dû subir les armateurs italiens du «Majestic» désignés pour desservir la liaison Tanger-Med. Son auteur cite le diner du 22 mai 2012 tenue au restaurant casablancais le Cabestan avec les armateurs espagnols, Bernal père et fils. Leur rendez-vous avec Ibrahimi visait à «se renseigner sur l’évolution de l’affaire Comarit». Et pour laquelle une réunion présidée par le Chef du gouvernement s’est tenue le 23 mai 2012, soit un jour après l’arrivée des Espagnols! L’ex-patron de la Comanav devait, selon la formule du Corbeau, «glaner par l’intermédiaire de Mohamed Rami» des informations sur les conclusions d’une réunion à laquelle «ont assisté Nizar Baraka, ministre des Finances, et Mohamed Benchaâboun, PDG de la Banque populaire». Le tout pour «servir les intérêts des compagnies espagnoles qui trustent» le transport maritime liant le Maroc à l’Espagne.
N’était-il pas plus judicieux qu’Ibrahimi détienne des renseignements avant de rencontrer les armateurs espagnols? Des proches d’Ibrahimi reconnaissent qu’il a en effet diné avec eux dans la mesure où «les Espagnols étaient inquiets de n’avoir pas de visibilité sur leur business. Ils étaient venus donc s’enquérir sur l’avenir du marché auprès d’une personne (Ibrahimi) qui connait le secteur maritime. Mais est-ce un crime?».
L’auteur de la lettre indique que «Raul Soto Bernal est agent consignataire de la Comanav à Algésiras…». A noter qu’Ibrahimi a été «approché par Ali Abdelmoula début juin 2011». Ce dernier, PDG de Comarit, l’avait sollicité «pour l’aider à négocier avec son créancier CMA CGM qui menaçait de saisir les navires de sa compagnie», selon un historique dressé par Ibrahimi.
Ils avaient «pris l’avion de Paris pour rejoindre le sud de La France», selon une source proche. Les deux hommes volent vers Marseille: «CMA CGM a accueilli favorablement ma demande qui se traduira par un rééchelonnement des dettes entre les parties…», écrit l’ex-patron de Comanav et qui rappelons-le avait chapeauté en 2007 sa cession à CMA CGM. Les propos de Ibrahimi sont à corroborer avec deux autres correspondances. La première est adressée le 3 avril 2012 au ministre de l’Equipement et du Transport, Abdelaziz Rebbah. C’est dire que les tractations n’avaient rien de secret. Son expéditeur, Ibrahimi, note que «nous sommes mobilisés pour contribuer au sauvetage de Comarit et le redémarrage de ses activités dans les meilleurs délais en vue d’assurer le bon déroulement de l’opération transit…» des MRE.
Il revient aussi sur «les discussions directes entre d’une part des opérateurs européens (…) comme CMA CGM ou GNV et d’autre part, le gouvernement et les banques…». C’est pour «donner à ce processus les meilleures chances», qu’Ibrahimi demande le report de la date limite d’adjudication de l’appel d’offres des lignes maritimes Sète Tanger, Nador Almeria…. Il ne cache pas non plus avoir créé la société Morocco Ferries. Celle-ci devait «contribuer à une sortie de crise» en exploitant momentanément et avec l’accord du patron de Comarit, les lignes maritimes en question. Ibrahimi joint une copie de sa correspondance à Abdelmoula père. Ce dernier était donc au courant de l’évolution de l’affaire.
Une autre lettre datée du 11 avril 2012 est envoyée cette fois-ci par le DG-Délégué de CMA CGM, Farid T. Salem au ministère de tutelle. Il cite des «échanges entre les banques et Ali Abdelmoula» tout en soulignant que sa compagnie est «disposée au redémarrage de Comarit…». CMA CGM pose une «condition majeure»: «la présence d’un opérateur ferry industrie». La compagnie fait-elle allusion à Morocco Ferries? Pas vraiment. Car, tout en demandant à son tour un report de l’appel d’offres, CMA CGM affirme «être en contact avec une société méditerranéenne de renommée…». Ce qui suppose que cet opérateur a une réputation dans le secteur.
Un projet de restructuration de Comanav Comarit apporte un éclairage. On y retrouve une manifestation d’intérêt d’un opérateur maritime. Il s’agit de LD Lines présente sur la ligne Marseille-Tunis. Cette société du groupe Louis Dreyfus Armateurs affiche un « intérêt particulier pour le Maroc». A ce titre, «les récents événements sur le marché France-Maroc constitue une opportunité de développement pour nous…», écrit en mars 2012 le représentant de LD Lines, Christophe Santoni.
Le plan de redressement de Comarit intègre deux notes. L’une d’elle revient sur les 4 raisons pour lesquelles «il faut préserver le pavillon marocain». Parmi elles, garantir une disponibilité immédiate des navires en cas de crise. La note cite l’exemple des 6.000 Marocains rapatriés de la Libye pendant l’insurrection. Il est question aussi «de préserver le savoir faire maritime et 5.000 emplois directs…» ou encore appuyer le développement du Maroc en matière de réparation navale.

. Cette fameuse note revient aussi sur «l’accompagnement du développement des ports marocains: Tanger ville, Al Hoceima, Nador et Tanger-Med évidemment. Sachant que «les armateurs espagnols qui bénéficient de conditions privilégiées à Ceuta et Melilla n’ont aucun intérêt à favoriser le développement portuaire du Maroc…», selon la note appuyant le sauvetage de Comarit.
Question: Si l’on sait que Ibrahimi a été l’architecte-en chef de ce plan, est-ce logique qu’il ait traité «avec l’ennemi»? D’autant plus que le gouvernement marocain était au courant de toutes ses démarches.

Source: L'économiste
Le: 02/08/2012

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