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Les campings au Maroc attirent de moins en moins
campings au marocIl est 20 h 40, le soleil vient à peine de se coucher. À cette heure-ci normalement, les campeurs revenus de la plage, après une longue journée d’amusement. Or, personne ne semble être dans les parages. Pourtant, il y a des années, aux mêmes horaires, en plein mois de juillet, le camping international de Tamaris II grouille d’enfants courant derrière un ballon et de musiques venant de sous les tentes et de l’intérieur des bungalows. «Les choses ont bien changé ici, constate Ahmed, le gardien du parking. Avant, l’esplanade principale pullulait de gens, assez contents de pouvoir profiter de la brise des soirées d’été. Maintenant, il n’y a presque plus personne.»

Construit en 1967, le camping international de Tamaris II se situe dans la commune rurale Dar Bouazza, à 23 kilomètres de Casablanca. Auparavant, ce camping attirait des hordes de vacanciers, venues du Maroc et d’ailleurs, pour profiter des nombreuses plages paradisiaques, qui longent la côte casablancaise et sa région sud. Aujourd’hui, le camping est presque désert et les seuls occupants sont les campeurs permanents. Quelques dizaines de familles qui bravent encore la coupure d’électricité et d’eau courante, en installant des dispositifs d’urgence, comme des groupes électrogènes à gasoil ou des mini-châteaux d’eau, placés sur les terrasses. Car oui, il ne reste que les quelques «bungalows» où résident ces campeurs permanents. «J’ai vu les heures de gloire de ce camping, raconte Kamal, un habitué de la plage Tamaris. Je viens ici depuis que j’ai découvert ma passion pour le surf.

Je peux vous dire qu’en l’espace de 15 ans, les choses ont bien changé. Je me suis lié d’amitié avec beaucoup de touristes qui venaient ici avant, avec leurs imposants camping-cars. J’ai même gardé des liens avec quelques-uns de ces amis, mais lorsqu’ils me demandent des nouvelles du camping et que je les leur rapporte, ils sont dépités d’entendre que ce lieu de détente et d’échange n’est plus ce qu’il était et me disent clairement qu’ils préfèrent partir au Sud, là où il y a la possibilité de camper librement sur les plages. C’est dommage pour une grande ville comme Casablanca de ne pas avoir de campings aux alentours. Les seuls hébergements qui restent sont des résidences balnéaires et des hôtels, totalement hors de prix pour la majorité des Casablancais.»

En effet, les campings attirent de moins en moins de familles. Depuis déjà quelques années, ce sont plutôt des groupes de jeunes, qui constituent la plus grande partie des occupants des campings. «C’est vrai que depuis quelques années, le plus gros de notre clientèle est constitué de jeunes, précise un employé d’un camping dans les environs d’El-Jadida. Avant de s’installer, les familles nous demandent si les emplacements qui leur sont réservés sont majoritaires. J’ai déjà vu un père de famille rebrousser chemin en voyant un groupe de jeunes franchir la porte du camping, en direction de la plage. En me lançant qu’il préférait choisir un appartement en location.»
Marché des tentes

Même au niveau de la commercialisation des tentes dites «familiales», on note une baisse. C’est ce que constate notamment Mohamed, vendeur de tentes d’occasion à Casablanca. «Avant, nous étions spécialisés dans la vente des tentes en tout genre. Mais depuis quelques années, ce sont plutôt les petites tentes qu’on appelle «canadiennes» qui ont le plus de succès, surtout auprès des jeunes. Heureusement qu’à côté, on s’est rattrapés sur la vente et la mise en place de bâches pour terrasses et autres stores, parce que sinon, on ne s’en sortait pas.»

Il est difficile d’établir un état des lieux des campings au Maroc, du fait de leur grand nombre et de la diversité des services et loisirs qu’ils proposent. Il y aussi l’emplacement de ceux-ci, qui lorsqu’il se trouve en ville, sur un terrain convoité par les promoteurs immobiliers, le camping ne fait pas long feu. «Mon père nous emmenait presque chaque été au camping de «Tres Pedras», dans les alentours de Tétouan, raconte Ihssane. La dernière fois que j’y suis allé, c’était avec des amis, en 2004. La plupart de mes compagnons n’avaient jamais tenté l’expérience. Pour eux, le dépaysement était total et cela nous a tous fait énormément de bien. L’année suivante, quand on a voulu refaire le voyage, on nous a appris que le camping n’existait plus. Quelques années plus tard, j’ai entendu dire que pour camper dans cette région, il fallait se déplacer à des dizaines de kilomètres vers l’est où des villages comme Oued Laou continuent d’abriter des campings. On a dû alors se résigner à louer un appartement, pour pouvoir rester à Tétouan, puis faire le déplacement chaque jour, vers les nombreuses plages avoisinantes.»
Hôtellerie en plein air

Les campings en Europe et en France particulièrement, font souvent l’objet de classement, selon les activités et les services fournis. Ainsi, chaque année, les guides spécialisés établissent une liste des campings, classés selon qu’ils respectent ou non les normes et en fonction de l’impact sur l’environnement ou tout simplement, sur le plaisir que peuvent y trouver les campeurs de différentes catégories. Au Maroc, une telle statistique n’existe tout simplement pas.

Les différentes administrations que nous avons contactées nous ont avoué ne pas disposer de ce genre d’informations. Sans doute, le plus grand intérêt est centré autour des hôtels, mais les campings constituent également un réel attrait, pour les nombreux touristes, venus de l’autre côté de la Méditerranée, au volant de leurs Camping-cars, en quête de soleil et des nombreux paysages à couper le souffle dont dispose le Royaume. Habitués à un confort garanti, dans les différents campings en Europe, ces «vacanciers de la route» sont choqués de voir qu’un camping manque des conditions primaires favorisant un séjour agréable et confortable. Quelques fois, des éléments nécessaires et incontournables sont absents, comme le manque d’espaces sanitaires ou l’absence de l’aménagement du sol, d’où la poussière décolle, au moindre coup de vent, voire la vétusté des lieux. S’il est vrai que cette frange de touristes qualifiée d’«aventurière», laquelle n’exige pas un maximum de confort, il n’en est que regrettable qu’ils emportent dans leurs roulottes de mauvais souvenirs de notre beau pays.

Heureusement, depuis quelques années, de nouveaux campings voient le jour, un peu partout sur les territoires. Ainsi, des campings au bord de mer et d’autres aux portes du désert, commencent à fleurir et à se faire un nom, dans les différents guides de campings. Cependant, cette tendance reste faible et les personnes à l’origine de ce genre de projets sont obligées de repenser les campings selon les normes européennes, en incluant d’autres attractions et activités comme des parcs aquatiques ou des bivouacs dans les oasis, assortis de ballades à dos de chameaux. Les tarifs sont également prohibitifs pour le Marocain lambda, ce qui en atténue la fréquentation au niveau national.
Une exception qui confirme la règle

Qu’il soit au bord de la mer, d’un lac, en montagne ou aux portes du désert, le camping a toujours été une destination prisée par les familles marocaines. Un lieu de paix où l’on se rendait pour profiter des vacances économiques et partagées avec d’autres familles, ayant opté pour cette forme de tourisme. «La recette est simple, nous explique Hamid. Tout ce qu’il me faut, c’est une tente, du matériel de cuisine, un point d’eau proche et ma famille. Camper a toujours été une tradition pour moi, en été. Cela fait 20 ans que je pars en vacances de cette manière avec ma famille et je ne suis pas prêt à changer mes plans. Même si bon nombre de mes amis, avec lesquels j’avais pris l’habitude de camper, ne veulent plus entendre parler de ce genre de vacances.», termine Hamid, résigné. Malheureusement, le cas de Hamid semble de plus en plus isolé.
Des tarifs changeant au gré du soleil

Il est difficile de cerner les tarifs d’un camping, pour bien des raisons. La plus importante est celle de «haute-basse saison», si des propriétaires et gérants de camping appliquent un tarif unique tout au long de l’année, d’autres préfèrent se rattraper, pendant l’été, en proposant une grille tarifaire plus élevée. Le nombre de touristes qui grandit pendant la saison des vacances tire les tarifs vers le haut. Ailleurs, les tarifs augmentent d’année en année, sans que le dispositif sanitaire ou de confort connaisse d’évolution. Que de pratiques qui ne font que conforter ce sentiment d’éloignement entre les vacanciers marocains et les campings!

Source: Le Matin
Le: 16/07/2012

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