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Baccalauréat: 3,6 millions de copies en 5 jours
baccalauréat au marocSi l’examen du bac (1re session) est fini, le sprint de la correction de 3,6 millions de copies d’examen, lui, est dans les derniers mètres. La pression est maximale sur les 40.000 profs qui ont la lourde responsabilité de corriger les épreuves en 5 jours. En moyenne, chaque correcteur devrait plancher sur près de 90 copies, mais cette moyenne masque les disparités. Certains professeurs se retrouvent parfois avec 200 copies à corriger, en fait, tout dépend de la matière enseignée et de la démographie scolaire par académie et par lycée. Il faut compter aussi avec les absences des correcteurs, «ce qui entraîne automatiquement un transfert de charges aux collègues présents sur le site de correction», explique un professeur.
Mais le doute qui subsiste dans l’esprit des élèves est de savoir si toutes les copies seront corrigées avec la même rigueur et selon les mêmes règles. Car les histoires abondent en effet sur des pratiques des profs débordés par la charge du travail. Entre ceux qui rangent des copies dans les escaliers d’immeubles, ou ceux qui prennent trois copies «référence» pour évaluer le reste, c’est tout le processus d’évaluation qui peut être biaisé. De là à affirmer qu’il y aurait des recalés au bac, victimes de ces pratiques, il n’y a qu’un pas difficile à franchir. Mais, «l’expérience montre que la correction parfaite n’existe pas et qu’il y aura, de toute façon, toujours des erreurs», concède un professeur en Sciences de la Vie et de la Terre à Marrakech. Pour minimiser ce risque, le ministère de l’Education nationale a élaboré une nouvelle méthodologie de correction qui s’applique pour la première fois cette année.
Les centres de correction sont dirigés par des présidents, des fonctionnaires nommés par le ministre de l’Education nationale. Ils font office d’interface unique des délégations régionales du ministère de l’Education nationale auxquels ils renvoient les copies des épreuves. Les présidents de ces centres sont personnellement responsables de la confidentialité des copies. Ils doivent veiller à l’absence de tout dysfonctionnement car la moindre graine de sable sur la chaîne peut avoir des conséquences graves. A eux, par exemple, de s’assurer que toutes les copies ont été corrigées avant qu’elles ne soient réacheminées à l’Académie régionale de l’Education.
La nouveauté cette année est que les profs ne peuvent plus corriger les copies d’examens en dehors des centres dédiés. Les présidents sont chargés de faire respecter scrupuleusement cette instruction. Reste à prouver son étanchéité. Par habitude, et sans doute par confort, certains profs ramenaient jadis des copies à domicile, loin du regard et de la supervision de la tutelle.
La nouvelle procédure institue par ailleurs une commission de correction adossée à chaque centre par filière et par matière. Elle est composée de trois professeurs spécialisés dans ladite matière, le tout placé sous la supervision d’un inspecteur. Cette structure discute de sujets d’examens, des réponses et de l’appréciation de la grille de notation. «Ensuite, ses membres doivent procéder à une simulation sur un échantillon d’au moins 6 copies par personne», explique Mohamed Sassi, directeur du Centre national de l’évaluation et des examens. Les copies expérimentales ainsi corrigées par chaque professeur seront par la suite rapprochées afin de ressortir d’éventuels écarts d’appréciation, l’objectif étant de faire converger au maximum l’évaluation des correcteurs. Ça c’est en théorie. En pratique, de nombreux correcteurs s’affranchissent de «cette comparaison en amont des copies profitant de l’absence du président du centre ou de l’inspecteur», témoigne un professeur.

Pour les copies notées 00/20

La correction effective se passe dans des salles fermées avec des pauses ponctuelles toutes les deux heures. Les copies ne doivent pas quitter les salles avant la fin de la séance et aucune exception n’est tolérée. «A ce niveau, la correction devient individuelle, chacun sa méthode et cela dépend aussi de la matière: une matière scientifique ne sera pas corrigée de la même manière qu’une discipline littéraire et vice versa», explique un professeur d’anglais à Tétouan.
Les profs de maths et de physique, par exemple, optent pour une approche par question: il s’agit de prendre vingt copies et d’en corriger le premier exercice, puis le 2e et ainsi de suite. Chacun son rythme aussi: certains professeurs accélèrent vers la fin, ce qui réduit considérablement la concentration et augmente la probabilité d’erreurs.
Pour cette raison, il est prévu des réunions «post-correction» dans le cadre des commissions. Ces réunions permettent de revenir sur les notes accordées par chaque professeur. Cela permettrait de détecter notamment les cas de fraude et les grands écarts de notation entre les correcteurs.
En outre, toute copie notée zéro devra être automatiquement révisée. Là aussi, nos sources révèlent que certains professeurs sont passés outre cette procédure de révision, d’autres ont tout simplement choisi, pour la forme, les copies à recorriger de manière complètement hasardeuse. Une fois la révision opérée, les copies sont scellées dans une enveloppe et remises au président du centre de correction qui les dépose à la délégation de l’Education nationale.

Source: L'économiste
Le: 26/06/2012

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