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Qui détient les banques au Maroc ?
banques marocainsL'Etat premier actionnaire mais les plus performantes appartiennent aux privés. Le secteur public détient 37% du capital des banques marocaines mais ne pèse que 26% des crédits et 19% des dépôts.

Entre groupes étrangers, secteur privé national et entités publiques, on sait à peu près de quoi est composé le tour de table des banques marocaines. Mais que pèse au juste chacun de ces actionnaires ? Qui de l’Etat, du secteur privé ou des étrangers contrôle le plus le secteur bancaire national ? En regroupant, par type, les participations* des 9 établissements commerciaux de la place (y compris Al Barid Bank), le résultat obtenu ne manque pas d’étonner.

En effet, en dépit d’une politique de privatisation et d’ouverture du capital des banques publiques aux investisseurs privés, déclinée depuis déjà plusieurs années, le premier actionnaire du secteur bancaire reste l’Etat. Il accapare en effet près de 37% d’un capital qui dépasse légèrement les 16,5 milliards de DH à fin 2011, non loin toutefois du secteur privé national qui affiche une part de 36%.

C’est que l’actionnaire public, directement ou à travers, entre autres, les organismes d’assurance et de prévoyance sociale (Mamda-Mcma, RCAR et CMR) et les groupes publics (CDG, OCP), est présent dans le tour de table de tous les établissements de la place, à l’exception des banques à capital majoritairement étranger.
Toutefois, l’on remarquera que si l’Etat contrôle, directement et indirectement, le capital de la BCP (autour de 35%), il ne détient pas à proprement parler le contrôle des banques les plus performantes de la place d’un point de vue commercial, à savoir Attijariwafa bank et BMCE Bank qui, avec la BCP, concentrent plus des deux tiers des dépôts et des crédits sur le marché. En effet, les parts publiques ne dépassent pas 17% dans le capital de ces deux derniers établissements. En fait, l’Etat doit son rang de premier actionnaire du secteur bancaire plus à des participations majoritaires allant de 70% à 100% dans les établissements de moindre envergure, à savoir le Crédit Agricole du Maroc, le CIH ou encore Al Barid Bank.

Les investisseurs institutionnels sont surtout présents dans le capital du trio de tête

Cela fait que l’actionnariat public au niveau du secteur bancaire, bien que conséquent, a pour pendant des indicateurs d’activité relativement faibles affichés par les banques à capitaux publics. Celles-ci ne détiennent par exemple que 26% des crédits et 19% des dépôts à l’échelle de tout le marché, selon les statistiques de la direction de la supervision bancaire de Bank Al-Maghrib. A titre de comparaison, avec une présence capitalistique au niveau des banques comparable à celle de l’Etat, le secteur privé marocain accapare 51% des crédits et plus de 60% des dépôts ! Le même constat vaut pour les guichets et le total bilan. En effet, les banques à capital majoritairement public n’en détiennent qu’environ 17% et 28% respectivement contre 51% et 60% pour le secteur privé marocain.

Comme l’on pourrait le déduire, les performances dégagées par les participations du secteur privé résultent d’une concentration de ces investissements sur les établissements les plus dynamiques d’un point de vue commercial. Citons à ce titre l’exemple de l’organisme de prévoyance sociale privé (CIMR) qui est exclusivement présent dans le capital des trois premières banques de la place. Hormis les cas où leur présence dans le tour de table d’une banque se justifie par leur statut d’actionnaire historique, les assurances (Wafa Assurance, RMA Watanya, Cnia…) ne sont également intéressées que par des prises de participation au sein des trois champions nationaux.

Etant donné les participations détenues directement ou indirectement par l’Etat et celles revenant au secteur privé national, les actionnaires étrangers se retrouvent avec une part de 27% dans la capitalisation du secteur bancaire national. Sans surprise, l’actionnariat français accapare la quasi-totalité de cette participation (26%) à travers les banques à capitaux majoritairement étrangers, BMCI, Crédit du Maroc et Société Générale, détenues respectivement à près de 67%, 77% et 57% par leurs maisons mères françaises. La domination française se fait au détriment de l’actionnariat espagnol qui, en s’étant désengagé peu à peu des grands établissements de la place ces dernières années en raison de la crise européenne, ne détient à présent que moins de 1% de la capitalisation du secteur bancaire.

Force est de constater par ailleurs que les banques à capital majoritairement français affichent des indicateurs d’activité honorables : 17% des guichets, 21% du total bilan, 21% des dépôts et 23% des crédits… En somme, un poids en termes d’activité comparable à celui des établissements à capitaux publics, ce qui n’est pas sans inquiéter certains observateurs quant à la souveraineté du Maroc sur son secteur bancaire.

Source: La vie économique
Le: 19/06/2012

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