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Les grèves font perdre à Autoroutes du Maroc 350 milles Dirhams de recettes par jour
Autoroutes du MarocUne partie des agents de péage n'encaisse plus les droits de passage. Le manque à gagner est estimé à 8% de la recette journalière. Le fait que le travail externalisé ne soit pas encore réglementé crée la confusion.

C’est un cas de figure unique, mais symptomatique, que cette grève des agents de péage qui travaillent pour le compte de la société Autoroutes du Maroc (ADM). Symptomatique parce qu’elle montre le décalage qui existe entre l’évolution rapide du monde du travail et la législation en vigueur. En effet, ADM, qui a eu recours depuis plusieurs années à l’externalisation de cette activité auprès de sociétés privées, se trouve confrontée à une grève qui lui occasionne des pertes financières depuis près de deux mois. Ces pertes sont estimées par Autoroutes du Maroc à 350 000 DH en moyenne par jour, soit près de 8% de sa recette quotidienne. A titre d’exemple, les guichets de péage sur la sortie menant à l’aéroport Mohammed V sont carrément vides depuis plusieurs semaines.

Selon une source à ADM, ces grévistes qui demandent leur intégration à l’entreprise n’ont aucun lien juridique avec cette dernière dans la mesure où cette prestation fait partie des services externalisés sur la base d’un appel d’offres avec un cahier des charges précis.

Le directeur général d’ADM, Othman Fassi Fihri, tout en déplorant la précarité de la situation de ces agents de péage, n’en affirme pas moins que la société n’est pas l’employeur de ces agents, ajoutant qu’il ne faut pas confondre entre les activités de sous-traitance d’externalisation et le travail d’intérim. Car, selon lui, ceux qui encadrent les grévistes ont profité de la confusion qui existe dans les esprits entre ces notions pour déclencher ce mouvement et avoir de telles revendications. Une telle confusion est possible parce que le Code du travail ne précise pas vraiment ces activités. Un état de fait que confirme Jamal Belahrach, président de la Commission emploi à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), qui, sans vouloir se prononcer sur le cas précis d’ADM, affirme que, effectivement, il est nécessaire de revoir les dispositions du Code du travail pour clarifier le champ de ces activités. Il précise au passage que si le travail intérimaire a été reconnu officiellement en 2004, le besoin d’une réglementation plus affinée se fait de plus en plus sentir. Du reste, la Fédération nationale des entreprises de travail intérimaire (FNET) est en train de préparer un projet de texte dans ce sens.

Cela fait 10 ans qu’Autoroutes du Maroc recourt à l’externalisation

Pour ADM, les responsables de la société affirment que depuis déjà plus de dix ans, l’entreprise a recours à l’externalisation, confiant à des sociétés externes les activités à faible valeur ajoutée n’entrant pas dans son cœur de métier. Pour le cas des péages, on tient à préciser que l’activité externalisée par ADM ne se limite pas au métier d’encaisseur, mais englobe pour la société prestataire de services le transport de ses salariés intervenant dans cette mission, leur habillement professionnel, leur formation et leur encadrement, la collecte des recettes et même l’ouverture de postes de péage variables selon le niveau du trafic.

Par ailleurs, précise-t-on encore, ADM, qui a recours actuellement à une dizaine de sociétés de services, ignore le nombre d’agents recrutés par la société qui les emploie, laquelle lui facture uniquement des durées de prestations par point de péage, qui est conforme aux dispositions du Code du travail.
Enfin, on signale que le cahier des charges pour cette externalisation ne se limite pas à demander des agents, mais exige que ceux-ci soient socialement protégés par leur employeur -la société de prestation de services, notamment- en lui imposant de payer ces agents au salaire minimum légal et de s’acquitter des cotisations sociales obligatoires.

D’ailleurs, ADM a adopté un nouveau cahier des charges encore plus précis qui servira de base pour les futurs appels d’offres, avec de nouvelles clauses pour garantir la sécurité de l’emploi à ces agents. En effet, de nouvelles dispositions ont été introduites dont un niveau supérieur au salaire minimum et des contrats avec les sociétés de prestation de services pour des durées plus longues.

Il n’en reste pas moins qu’il faut assurer un contrôle pour s’assurer du respect des engagements de ces sociétés de services. En effet, tout le monde connaît aujourd’hui les entorses à la loi qui sont devenues la règle chez certaines sociétés d’intérim, notamment celles qui se spécialisent dans le gardiennage et le nettoyage qui recrutent des profils mal formés et inadaptés, et par conséquent sous-payés.

Source: Mohamed Moujahid. La Vie éco
Le: 04/06/2012

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