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Les femmes marocaines se cherchent encore une place dans l’espace public
femmes marocainesLa Faculté des lettres et des sciences humaines de Aïn Chock, à Casablanca, vient de lancer un cycle de Journées d’étude dédiée à la thématique : «Genre et espace public», en consacrant la quatrième édition des Journées sur le genre à ce thème. En effet, dans le cadre de ses activités scientifiques, l’Équipe des jeunes chercheurs sur le genre au Maroc, membre du Laboratoire de recherche sur les rapports sociaux et les représentations socioculturelles appartenant à cette faculté, a organisé en fin de la semaine dernière cette Journée, sur le thème «Genre et espace public : femmes en responsabilité».

Cette rencontre, axée sur trois panels : le champ socioéconomique, la société civile et le champ politique, a été d’ailleurs une occasion pour présenter l’Équipe des jeunes chercheurs sur le genre au Maroc et leurs projets, par l’une de ses membres, la doctorante Salsabil Fakkar. Si le thème du jour a été traité de divers points de vue et sous ses différents aspects, certains leitmotive revenaient cependant tout au long de cette Journée d’étude. Il en est ainsi surtout de la difficulté de définir l’espace public et l’espace privé et de les aborder en tant que deux espaces distincts. La communication des doctorantes Maria Latif et Hanane El Majidi a bien mis en évidence cette difficulté, en concluant que l’espace public constituait le prolongement de l’espace privé et que les deux se superposaient. Toutefois, si l’espace public est a priori accessible pour tous, tous n’y ont pas un accès égal. En effet, soutiennent-elles, il est plus ouvert pour les hommes que pour les femmes, notamment la nuit étant donné que celles-ci sont les cibles potentielles de toutes sortes d’agressions.

Parmi les champs où se manifeste cette difficulté qu’éprouvent les femmes en dehors de la sphère privée, figure le champ socioéconomique. En effet, selon Rajaa Mamou, chef d’entreprise et membre de l’Association des femmes-chefs d’entreprises du Maroc (AFEM), les femmes font face à une multitude de difficultés dans le milieu professionnel. Il s’agit, par exemple, de l’absence de crèches dans les zones industrielles, du transport non sécurisé, de la faible mobilité professionnelle du fait du manque de formation continue, de la ségrégation, puisque souvent les hommes refusent de voir des femmes siéger au conseil d’administration des entreprises, etc.

Par conséquent, le monde de l’entreprise est encore largement dominé par les hommes, au détriment des femmes, comme l’a montré la doctorante Wassila Benkirane, chiffres à l’appui, dont celui du nombre des entreprises féminines estimé à près de 10 000 entités seulement.
Cette thématique du «Genre et espace public» a été également traitée du point de vue de la société civile. À cet effet, Nahid Zerirak de l’ONG espagnole «Proyecto Solidario» a fait un exposé sur l’expérience de cette fondation au Maroc. Cet aspect a été également développé par le doctorant Yassine Benhida, dont l’intervention a traité du thème de «L’espace public dans le discours des femmes victimes de violence.»

Cet intervenant est arrivé à la conclusion que dès que la femme victime de violence sort à l’espace public pour contester la violence endurée, elle acquiert une certaine autonomie. Toutefois, cette autonomie est à nuancer dans la mesure où les femmes victimes de violence ne vivent pas la même expérience. Ce qui ne nous permet donc pas de généraliser pour conclure que «l’espace public permet à cette catégorie sociale une autonomie totale». Sortir donc pour dénoncer leur calvaire n’est pas une partie de plaisir puisque les femmes qui engagent une action en justice s’exposent à un véritable «parcours de la combattante».
Femme et champ politique

Le champ politique est également l’un des domaines où se manifeste clairement l’exclusion de la femme de l’espace public.
C’est ce qu’ont relevé deux intervenantes : la doctorante Malika Mekouar et la professeure universitaire Hayat Zirari. En effet, d’après M. Mekouar, l’écart est encore important entre le discours et les intentions, d’une part, et la réalité au sujet de la position de la femme, d’autre part. De son côté, H. Zirari a relevé une dynamique sociologique au Maroc, qui s’est traduite par l’apparition de nouvelles valeurs et par l’émergence de l’individu. Ce qui a eu comme conséquence la remise en cause des rôles traditionnels des femmes. Toutefois, nuance-t-elle, un décalage persiste entre la norme juridique et la réalité sociale en défaveur de la femme.

Source: Le Matin
Le: 09/05/2012

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