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Le nouveau gouvernement marocain déterminé à lutter contre l'économie de rente
économie de renteLe Premier ministre marocain Abdelilah Benkirane a déclaré la guerre à l'économie de rente, s'engageant à supprimer les privilèges et les dérogations reposant sur le clientélisme.

Cette politique concerne plusieurs secteurs, notamment l'octroi de licences pour les taxis ou les autocars, et les dérogations dans le logement ou la pêche maritime.

Ces revenus reposent sur un monopole, en appliquant des prix supérieurs à ceux du marché en l’absence de toute concurrence, explique l'économiste Ahmed Soundoussi. Ils concernent également la distribution des ressources et des richesses minières ou autres à travers un système de clientélisme, précise-t-il.

Benkirane a demandé aux députés de soutenir son plan visant à débarrasser l'économie de ce type de favoritisme, affirmant qu'il était prêt à publier une liste des bénéficiaires.

Ces mesures prévoient le renforcement des compétences du Conseil de la concurrence, dont les prérogatives ont été constitutionnalisées. L'article 166 de la constitution a élargi les compétences de cette institution au contrôle des pratiques commerciales déloyales.

Le président de ce comité Abdelali Benamor a indiqué que son organisme dispose d’une équipe d’économistes et de juristes confirmés, qui sont en mesure de combattre l’économie de rentes. Il a précisé que celle-ci coûte, en moyenne, à l'économie nationale entre 1 point et 1,5 point du PIB.

Le Conseil de la concurrence a rencontré une certaine résistance de la part de certains lobbies attachés à leurs intérêts, a ajouté Benamor, et il faudra un effort concerté des secteurs influents de la société si l'on souhaite éradiquer de telles pratiques.

Mohamed Najib Boulif, ministre délégué aux Affaires générales et à la Gouvernance, a assuré que le gouvernement considère la suppression de l'économie de rente comme l'une de ses priorités. Il faut selon lui bannir notamment la "pratique consistant à obtenir des marchés publics sur des coups de téléphone".

"Il va falloir abolir les agréments d’ici quatre ou cinq ans en mettant en place un cadre juridique adéquat", a-t-il ajouté. "Les autorisations doivent être régies par des cahiers des charges."

Malgré sa ferme intention de s'attaquer à ce chantier, le gouvernement reconnaît que la tâche ne sera pas facile. Benkirane a souligné qu'il faudra avancer de manière progressive pour atteindre les objectifs escomptés. Il a demandé aux responsables de montrer l'exemple en évitant de bénéficier de l’économie de rente.

Driss Radi, représentant à la Chambre des conseillers, a été sensible au discours du chef de l’exécutif. Il a remis à Benkirane l’agrément de taxi dont il était en possession.

"C’est un geste que je voulais faire pour inciter tous ceux qui bénéficient des grands avantages à y renoncer. Il faut lutter contre l’économie de rente et la corruption", a-t-il commenté.

L'heure est au changement, a déclaré Benkirane. "Ceux qui ont profité doivent savoir s’arrêter. Il vaut mieux être un peu riche dans un Etat stable que très riche dans un pays menacé", a ajouté le Premier ministre.

Ahmed Zaidi, chef du groupe de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) au parlement, a souhaité un engagement commun en faveur d'une action pratique pour traiter la corruption. Cette dernière revêt de nombreuses formes, a-t-il ajouté, et fait peser un énorme danger sur l’économie nationale productive de la valeur ajoutée, de la richesse et de l’emploi.

"L’opinion publique attend des mesures efficaces en la matière", a dit Zaidi. "Nous verrons si le gouvernement de Benkirane aura le courage de publier la liste des bénéficiaires de ces avantages, tout en mettant en place des mécanismes pour récupérer les droits de la société."

Cette annonce constitue une bonne nouvelle pour des gens comme Hakim M., chauffeur de taxi qui travaille toute la journée depuis dix ans et doit verser plus de la moitié de son salaire au propriétaire de la licence.

"Il gagne l’argent facilement, sans avoir à travailler", explique-t-il. "C’est injuste. On doit instaurer un nouveau système pour permettre aux jeunes d’exercer le métier sans être à la merci des détenteurs des agréments qui ont eu la chance d’en bénéficier alors qu’ils ne sont pas méritants."

Source: Magharibia
Le: 04/02/2012

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