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676 000 chèques rejetés au Maroc en 2009
Chèques rejetésLe chèque reste encore le moyen de paiement le plus utilisé : en 2009, 27 millions de chèques traités pour une valeur de 828 milliards de DH.
Le taux de rejet des chèques est de 2,52% seulement, mais en augmentation. Il était de 2,28% en 2008 et de 2,18% en 2007.
13,7 millions de virements bancaires pour un volume de 556 millions de DH et à peine 2,7 millions d'effets pour 124 milliards DH.

Près de 4 000 milliards de DH ! Ce chiffre, qui équivaut à près de cinq fois le PIB, représente le volume des règlements par moyens scripturaux échangés en 2009 entre les différents agents économiques du pays, qu’ils soient des particuliers, des entreprises, des administrations ou des ban-ques. C’est ce qui ressort du dernier rapport de la direction des opérations monétaires et des changes de Bank Al Maghrib qui sera rendu public d’ici fin juillet. Il faut savoir que dans ce chiffre, il y a, en fait, presque 1 900 milliards de DH qui portent sur des virements interbancaires entrant dans le cadre d’opérations financières de banque à banque ou encore de grosses transactions. Le reste, 2 100 milliards de DH, correspond effectivement à des opérations de règlement adossés à des transactions économiques portant sur des biens et services. Mais toutes ces transactions ne passent pas par le même circuit. Tout dépend, en fait, de l’instrument de paiement utilisé. Les chèques et effets de commerce, aujourd’hui connus sous le nom de lettre de créances normalisées (LCN), transitent par le système interbancaire marocain de télécompensation (SIMT) créé en 2006 et qui a remplacé progressivement les chambres de compensation bancaire qui existaient au niveau des grandes villes.

Les effets représentent 8,2% de la valeur des paiements

Pour 2009, le SIMT a vu transiter quelque 1 518 milliards de DH dont la plus grosse partie est représentée par le chèque qui demeure, et de loin, le moyen de paiement le plus utilisé encore au Maroc. Le SIMT a traité, en 2009 toujours, près de 26,8 millions de chèques compensés représentant une valeur globale de 828 milliards de DH, soit 54,5% du volume total traité. Les virements bancaires, eux, constituent le deuxième moyen le plus utilisé. On en a totalisé, en 2009, 13,7 millions portant sur une valeur échangée de 556,5 milliards de DH, soit 36,7% du total. A ce chiffre-là, il faut toutefois rajouter un paquet de 31 000 virements représentant une valeur de 607 milliards de DH qui n’ont pas transité par le SIMT mais par un autre qui est le système des règlements bruts du Maroc (SRBM). Ce dernier, mis en service en septembre 2006, consiste en une plateforme de paiement permettant des transferts rapides et sécurisés entre institutions financières mais aussi pour le compte de la clientèle surtout quand les transactions portent sur des montants importants.
A ce niveau, on notera que la lettre de créance normalisée (LCN), la nouvelle forme des effets, généralisée en 2008, cherche toujours sa voie. Cet instrument représente à peine 8,2% des volumes compensés par le SIMT, soit environ 124 milliards DH pour 2,7 millions de LCN traitées. A ce jour encore, et malgré l’obligation d’utiliser la LCN, les anciens effets, dits non normalisés, continuent toujours de circuler. Certes, en termes de proportions, ils ne représentent que 0,4% du volume global traité par le SIMT, ce qui équivaut tout de même à près de 6 milliards de DH. Enfin, bien qu’en queue de peloton, les moyens de paiement monétiques montent en puissance. Le nombre total de paiements effectués par cartes est passé de 10,2 millions pour une valeur de 4,3 milliards de DH en 2008 à 11,2 millions de transactions pour une valeur de 5,3 milliards de DH en 2009. Soit des taux de progression de 9,7% en volume et 24% en valeur. L’essentiel des paiements par cartes, 8 millions d’opérations portant sur 5 milliards de DH, a consisté en des opérations sur terminaux de paiement électroniques (TPE) qui représentent ainsi 72% des transactions. Rapportés à l’ensemble des paiements effectués par les instruments traditionnels (chèques, effets, virements…), le nombre de ceux faits par cartes bancaires représente ainsi 20% du total.
Beaucoup parient aujourd’hui sur la monétique ne serait-ce que pour la sécurité de règlement et la garantie qu’elle présente pour les commerçants, contrairement au chèque. Pourtant, à regarder de près les statistiques de BAM, la situation n’est pas si catastrophique que cela.

Le volume des transactions en baisse : la crise est passée par là

676 375 chèques ont été rejetés en 2009 contre 618000 en 2008 et 548 147 seulement en 2007. En valeur, les rejets de chèques ont porté, en 2009 toujours, sur un montant de 18,8 milliards de DH contre 19 milliards en 2008 et 15,3 milliards en 2007. Si ces chiffres peuvent paraître importants, il n’en demeure pas moins que le taux de rejet pour les chèques est de loin le plus bas parmi tous les moyens de paiement. En valeur, ce taux est de 2,21% et de 2,52% en volume. Pour la lettre de créance normalisée (LCN), le taux de rejet est de 12,36% en valeur et 16,53% en volume et pour les virements ces deux taux sont respectivement de 23,55% et 32,35%.
Et si le chèque a pu garder sa place de premier moyen de paiement c’est grâce certainement à toutes les réformes qui ont été introduites par les autorités monétaires depuis le début des années 2000. A cette époque-là, en effet, l’on se rappelle que le fléau du chèque sans provisions défrayait la chronique à tel point que beaucoup d’opérateurs, essentiellement des commerçants, n’en acceptaient pratiquement plus.
On se rappelle encore de la campagne de sensibilisation lancée en 2005 par Bank Al Maghrib au sujet du chèque sans provision. Dans le même ordre d’idées, BAM a fait un gros travail sur le plan procédural et réglementaire. Les banques ont été invitées à faire preuve de plus de rigueur dans la délivrance des chéquiers, la procédure de traitement des chèques sans provision avait été révisée notamment en matière d’échange d’informations entre la Banque centrale et les établissements bancaires et, enfin, les commerçants ont la possibilité depuis 2005 de consulter la centrale des incidents de paiement de Bank Al Maghrib contenant la liste des clients interdits de chéquier. Cela sans compter la pénalité à payer par l’émetteur (en pourcentage du montant libellé) pour tout incident.
Toutes ces mesures ont manifestement eu de l’effet. Aujourd’hui, le chèque demeure encore le moyen très sûr même si certains opérateurs, très souvent les commerçants, continuent encore de s’en méfier. En revanche, les chiffres concernant le rejet des LCN interpellent. 450 754 effets ont été rejetés en 2009 pour un montant de 17,5 milliards de DH, soit un taux de rejet de 16,53% en nombre. Un taux plus élevé que celui des rejets des anciens effets en 2008 et 2007 qui tournait autour de 12%.
L’on peut mettre cela sur le compte de la nouveauté de cet instrument qui n’a été mis en service que durant le deuxième semestre de 2008. Tout comme pour le chèque, durant les premiers mois de démarrage de la dématérialisation, les petites imperfections du système peuvent avoir de l’effet. Mais l’on peut également voir dans ce taux de rejet élevé le signe de difficultés financières dues à la crise et au ralentissement de l’activité de beaucoup d’entreprises notamment les PME.
Une thèse qui peut d’ailleurs être confortée quand on examine les volumes globaux traités par le SIMT. En effet, en 2009, le volume global compensé, tous instruments confondus, était de 1518 milliards de DH contre 1691 milliards en 2008. La baisse a touché les deux principaux moyens à savoir les chèques que les virements. Entre 2008 et 2009, pour les premiers les volumes compensés sont passés de 880 à 828 milliards DH (soit une baisse de 7%) et, pour les seconds, de 515 à 473,4 milliards de DH (soit une baisse de -8%). La crise est passée par là.

Source: La vie Eco par Saâd Benmansour
Le: 19/07/2010

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